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REFONDATION : STOP ou ENCORE ?!

REFONDATION : STOP ou ENCORE ?! - SNCL-FAEN

Ou comment influencer les pouvoirs publics par des campagnes d’opinion savamment orchestrées ? En faisant jouer ses réseaux ou lobbies (groupes de pression). C’est exactement la démarche menée par Terra Nova actuellement...

TERRA NOVA : un laboratoire d’idées proche du parti au pouvoir qui s’est donné pour but de produire et diffuser des idées « progressistes »...

 

Pour justifier sa refondation de l’Ecole, le ministre de l’Education nationale avait affirmé sa volonté d’améliorer les performances du système éducatif français en baisse régulière.

 

Mais pour les plus extrêmes des réformistes cette refondation ne va pas assez loin et le ministre est jugé trop prudent. Il fallait donc radicaliser les propositions et créer la polémique. Mission accomplie.

 

Pour enfoncer ses arguments dans les esprits, il fallait noircir le trait, exagérer le constat et affirmer que l’école française est aujourd’hui « une école oligarchique de masse ». C’est à partir de ce constat catastrophiste que peuvent être avancées les mesures visant à y remédier :

 

  • Mettre en place « l’école commune » et le rapprochement école-collège qu’elle implique.

 

  • Fusionner les corps des professeurs des écoles et de professeurs certifiés afin de « favoriser l’utilisation de toutes les compétences sur l’ensemble école-collège ».

 

 

L’école commune 

 

Dès l’été 2012, au début des concertations auxquelles le SNCL-FAEN a participé, notre analyse était juste : le socle commun conduit à l’école du socle ... qui mène au corps unique.

 

Car le point  central est bien la liaison école-collège. Prétendant lutter contre la prétendue « rupture »que représenterait le passage de l’école primaire au collège et s’appuyant sur celle-ci pour justifier le rapprochement entre ces deux entités, c’est l’organisation même du collège (des professeurs enseignant chacun leur discipline) qui est rendue responsable de l’échec scolaire.

 

Or, plusieurs études affirment qu’il ne faut pas mésestimer l’influence des transitions. Ainsi, il apparaît que certains systèmes scolaires qui ont organisé une cassure franche entre primaire et secondaire (pays asiatiques, Canada, Australie) ont de meilleurs résultats en fin de scolarité obligatoire (Pisa) que les pays scandinaves qui ont mis en place une école unique entre 6 et 14 ans.

 

Le SNCL-FAEN n’est pas dupe d’affirmations partisanes dont il sait qu’elles ont pour but essentiel de valider des conceptions idéologiques néfastes pour le système éducatif. Porteurs d’un projet ambitieux, nous défendons une conception de l’école et du collège différente :

 

  • Une école primaire qui se consacre à la maîtrise et à l’assimilation des apprentissages fondamentaux.

 

  • Un collège qui accueille la quasi-totalité des élèves, centré sur un enseignement visant à transmettre et structurer les savoirs généraux nécessaires à la poursuite d’études en Lycée et au-delà.

 

Pour le SNCL-FAEN, le collège représente le cycle central de l’enseignement scolaire plutôt que le simple prolongement de l’école primaire ou l’antichambre du Lycée.

 

Nous défendons un enseignement diversifié, destiné à permettre à chacun d’aller au maximum de ses possibilités et ne rejetant aucun élève : pour les volontaires, des groupes d’approfondissement des connaissances, pour les élèves pour qui le seul enseignement général du collège est  insuffisamment motivant, une diversification à partir de la classe de quatrième des parcours de formation sous statut de collégien et l’instauration d’un véritable « droit à l’essai » permettant la découverte professionnelle en LP.

 

Pour tous, dès l’école primaire ou en amont même, si nécessaire, une détection précoce des difficultés des élèves et une immédiate remédiation par des équipes pluriprofessionnelles formées, dans des groupes à effectifs réduits.

 

 

Fusion des corps de professeurs 

 

Cherchant à justifier par tous les moyens leurs propositions, les « experts », par des formules à l’emporte-pièce, déclarent que les professeurs du premier et second degrés « ont le même métier et enseignent devant les mêmes élèves ». Ayant posé cette contre-vérité, ils concluent qu’il faut faire un seul corps afin de « favoriser la mobilité professionnelle et l’utilisation de toutes les compétences sur l’ensemble du collège ».

 

Le SNCL-FAEN ne partage pas cette fausse évidence et affirme que NON, ce n’est pas le même métier et NON, ce ne sont pas les mêmes élèves. C’est pourquoi nous nous opposons avec vigueur à la régression que représenterait la fusion de ces deux corps en un corps unique dont le temps de service serait aligné sur celui des professeurs des écoles. Ainsi, on ne serait plus professeur des écoles ou professeur certifié mais enseignant en poste dans une école ou un collège ce qui est bien différent. Et que deviendraient les professeurs certifiés en poste dans un lycée ?

 

Et si l’un des objectifs de toute cette mise en scène était tout simplement de réaliser des économies sur le dos des personnels ? Peu avares de recommandations, les « experts », proposent un autre bouc émissaire : la formation initiale des professeurs dont ils chiffrent le coût à 24 millions d’euros par an.  Déclarant cette formation  « sans efficacité », elle se ferait au détriment de la formation continue. Il est donc recommandé de mobiliser les 6 % de la masse salariale de ces personnels  pour lancer un vaste plan pluriannuel de formation des professeurs enseignant en école et en collège. Ce qui se traduirait par des économies conséquentes sur les horaires, grâce à la réduction du nombre de postes procurée par les « postes à cheval » école-collège.

 

Des propositions qui résonnent étrangement avec le rapport de l’Inspection Générale de janvier 2013, avec celui de  la Cour des Comptes, entre autres, comme si se faisait jour  une collusion entre les élites pour convaincre l’opinion que les enseignants sont des privilégiés, qu’ils sont en grande partie responsables de l’échec scolaire, que leurs méthodes pédagogiques ne sont pas efficaces, que leur statut est trop protecteur et qu’il devient urgent de les former aux bonnes méthodes, seules aptes à réduire l’échec scolaire. Bien joué, messieurs, mais qui sera vraiment convaincu ?