
L’année 2025 aura connu 645 000 naissances et 651 000 décès, d’après l’INSEE. Entre 2019 et 2029, les écoles auront perdu près de 1 million d’élèves estime Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.
Face à ce constat, une certaine ligne de conduite commence à se dessiner au ministère : « amortir les effets de la chute démographique en fermant le moins possible, en limitant le nombre d’élèves par classe et, en même temps, engager […] une réflexion pour repenser l’offre scolaire sur le territoire », selon les propres mots du ministre.
D’ici à 2040, ce ne sont en effet pas moins de deux millions d’élèves qui manqueront dans nos classes, par rapport aux effectifs actuels.
Dans un contexte de contraintes sur les finances publiques, cette évolution pose la question d’un ajustement de la dépense éducative : faut-il réduire le nombre d’enseignants pour réaliser des économies budgétaires, ou saisir cette opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage en réduisant la taille des classes ?
La France investit relativement peu dans l’école primaire par rapport à ses voisins européens et les classes demeurent parmi les plus chargées malgré la mise en place des CP/CE1 dédoublés en zone prioritaire. La baisse démographique permettrait une réduction de la taille des classes plus facilement. Cependant cette baisse est parfois très inégale selon les territoires, par exemple entre Paris et la Seine St Denis : diminution du nombre d’élèves scolarisés en primaire à Paris, contrairement au département voisin qui augmente ses effectifs mais ne bénéficie pas d’un meilleur taux d’encadrement.
Par ailleurs, la « vague » selon les mots du ministre, atteint déjà le second degré. Pour pallier les difficultés des territoires ruraux et péri-urbains, Edouard Geffray relance l’idée de l’école du socle ou école-collège afin de mutualiser les moyens du premier et second degré. Il veut engager une réflexion sur l’évolution des missions des enseignants et des corps d’encadrement, afin de renforcer la continuité des apprentissages dans des territoires confrontés à une forte baisse démographique. En ce sens, le bulletin officiel du 15 janvier 2026 entérine la « transformation des observatoires des dynamiques rurales en observatoires des dynamiques rurales et territoriales et l’extension de leur champ à l’ensemble du territoire national ».
Mais attention, car ce qui pourrait être engagé à titre dérogatoire pour plus de souplesse et d’adaptation à la situation d’un territoire risque aussi de remettre en cause le statut et les missions des enseignants de collège, voire de lycée, sur l’ensemble des académies.
À l’avenir c’est toute l’Éducation nationale de la maternelle à l’université qui sera confrontée à ce défi.
Il est donc absolument nécessaire d’anticiper et de mettre en place une réflexion globale pour tirer parti de cette baisse inéluctable des effectifs scolaires, et faire de ce problème une opportunité.